Exit-Wall, Projet soutenu par le B.A.R. (Bureau d'Art et de Recherche), Roubaix
Installation (environ 200 blocs lumineux de sécurité, structure modulable)
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L’objectif est de créer une installation modulaire à partir de centaines de blocs lumineux de sortie de secours, qui pourra s’adapter aux conditions spécifiques de différents sites. Habituellement, ces blocs sont placés au-dessus des portes d’un espace public afin d’indiquer, en cas d’urgence, un accès vers l’extérieur. Ici, nous envisageons de les utiliser comme les briques d’un mur afin de construire un obstacle insitu.
En premier lieu, l’installation présente un jeu de mot visuel basé sur la contradiction entre le sens linguistique qui la constitue d’une part (“sortie”) et la barrière qu’elle pose dans l’espace réel d’autre part.
Sur un point plus théorique, le projet s’apparente fortement à nos recherches artistiques concernant la nature de l’interface. Spécialement lorsque notre travail tourne autour de l’ambiguïté inhérente de l’interface, nous donnant à la fois un accès à de nouveaux territoires et nous séparèrent simultanément d’autres parties de la réalité. Comme une interface, notre mur “promet” une sortie, un accès à l’autre coté en même temps que d’être une séparation physique.
Essentiellement, cette ambiguïté n’est pas une particularité réservée à notre “mur-sortie” mais s’applique en fin de compte à tous les murs. Tandis qu’un mur limite un espace, il implique aussi un espace derrière, l’autre coté pour ainsi dire. Selon la fonction spécifique, le contexte et la perspective (au sens large) de celui qui se trouve devant, tous les murs peuvent endosser différentes significations en même temps, signe de protection, de propriété, de richesse mais encore de défenses, d’exclusion, d’ oppression, signe d’espoir ou de désespoir, de salut ou de souffrance, de paix ou de guerre, etc.
L’important avec notre “mur-sortie” est qu’il n’assume pas en lui-même de signification spécifique mais grâce à sa nature contradictoire évidente il témoigne de l’ambivalence intrinsèque au mur réel. C’est pourquoi nous sommes très enthousiaste à l’idée d’adapter le mur à différents sites et dans différents contextes afin d’amplifier la multitude des histoires (contradictoires) que les murs réels auraient à raconter.